Patriarche Youssef
Visite à Rome 2008
Cadeaux offerts à
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI par Sa Béatitude le Patriarche Gregorios III à l'occasion de sa visite au Saint Père
le 8 mai 2008
1. Icône représentant les Saints Benoît de Nursie et Grégoire de Nazianze en attitude d'intercession, entourant la Toute Sainte Theotokos trônant avec son Divin Fils; œuvre de l'iconographe damascène Abboud Georges Haskour (2005).
2. Etoffe de brocard damascène pour la confection d'ornements liturgiques.
3. Boîte en mosaïque (marqueterie) damascène, selon la tradition artisanale introduite par Georges Bitar, surnommé le "Père des Pauvres", qui se servit de cette technique pour donner du travail aux familles pauvres (mort en odeur de sainteté à Damas en 1935).
4. Etole sacerdotale, réalisée par les Religieuses de Notre-Dame du Bon Service en leur Couvent Saint-Joseph de Damas.
5. Souvenir en nacre de la Terre Sainte.
6. Bâton pastoral oriental, offert par l'Atelier Arabesk, Church's Needs and Churches, de notre fidèle Georges Kakach.
Adresse de Sa Béatitude le Patriarche Gregorios III à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
(Palais Apostolique du Vatican, 8 mai 2008)
Très Saint Père, Que le Seigneur soit béni pour ce jour qui nous permet, après une longue attente, de rencontrer Votre Sainteté, en compagnie de plusieurs Hiérarques, membres du Saint-Synode de notre Eglise patriarcale grecque-melkite catholique, ainsi que de Supérieurs généraux et Supérieures générales de nos Ordres religieux, de prêtres de notre clergé séculier et régulier, et d'un bon nombre de nos fidèles, dont des ministres, des députés, des hommes d'affaires, mais aussi des pères et mères de famille, tous heureux de participer à ce pèlerinage dont le souvenir restera vif dans leurs mémoires et dans les annales de notre Patriarcat.
Notre Eglise patriarcale est présente dans presque tous les pays arabes du Proche-Orient. D'autre part, nos fidèles sont répandus dans le monde entier: en Europe et surtout au Canada, aux Etats-Unis, dans plusieurs pays d'Amérique Latine et en Australie.
Cette grande diaspora, toujours en augmentation, est le résultat de l'émigration, qui décime notre présence dans nos pays d'origine et ne cesse de s'aggraver, pour différentes raisons, dont la principale est le conflit israélo-palestinien.
Cette présence chrétienne s'avère de plus en plus nécessaire, tant ad intra que ad extra.
Sur le plan intérieur, notre grand souci pastoral est d'immuniser notre Eglise patriarcale contre les dangers qui la menacent, en nous fondant sur l'amour, comme l'indique ma devise patriarcale: "Veillez et marchez dans l'amour!" Et cet amour fut le thème de votre première Lettre Encyclique, Deus caritas est.
Cela veut dire aussi une Eglise forte dans la foi, ce dépôt précieux que nous devons pouvoir transmettre aux jeunes générations. Nous avons lancé un adage qui est devenu très populaire dans notre communauté: "Une Eglise sans jeunes est une Eglise sans avenir. Des jeunes sans Eglise sont des jeunes sans avenir".
Nous rendons grâces à Notre Sauveur Jésus Christ de ce que notre Eglise est vivante, fervente. Nos éparchies et nos congrégations religieuses masculines et féminines sont des chantiers de projets et d'initiatives sur les plans pastoral, éducatif, social, de santé, de service aux pauvres, …
Ad extra, notre mission est polyvalente: être le levain dans la pâte, porter Jésus, son Evangile, son message et ses valeurs à nos concitoyens, surtout ceux qui ne partagent pas notre sainte foi, qu'ils soient israélites ou musulmans.
Nous, chrétiens orientaux arabes, vivant dans un monde à majorité musulmane, nous avons, à l'égard de ce monde, une mission unique, irréversible, irremplaçable, impérative, presque exclusive. Car nous vivons ensemble depuis 1.428 ans. Ce rôle est assuré à travers notre présence et notre témoignage dans le monde arabe, rôle important surtout au Liban et en Syrie.
L'autre aspect de la mission de l'Eglise Grecque-Melkite Catholique ad extra est son rôle dans la marche œcuménique vers l'unité des chrétiens.
Notre Eglise a toujours été consciente de ce rôle. Elle a notamment dû vivre dans les catacombes pendant environ cent trente ans, pour préserver notre communion avec l'Eglise de Rome. Cette communion fut - et est toujours pour nous - un choix historique, existentiel, d'engagement, effectif et affectif, élément à la fois de gloire et d'humilité, définitif et sans retour.
Cependant, cette communion avec Rome ne nous sépare pas de notre réalité ecclésiale orthodoxe.
Cela veut dire que nous voudrions vivre, au sein de l'Eglise Catholique, une vie qui pourrait être acceptée par l'Orthodoxie, vivre notre pleine et entière tradition orientale, orthodoxe, en pleine communion avec Rome. C'est le vrai et grand défi du dialogue catholique-orthodoxe.
Nous sommes profondément reconnaissants envers l'Eglise de Rome pour le soutien continu donné à notre Eglise afin qu'elle puisse accomplir cette mission ad intra et ad extra.
Les instruments immédiats en ont été – et sont toujours – la Congrégation pour les Eglises Orientales et les principales organisations catholiques d'aide, surtout en Europe et aux Etats-Unis.Très Saint Père,
Nous voudrions vous remercier pour l'accueil que vous nous réservez. Nous déclarons avec enthousiasme que nous resterons fidèles à la foi de nos ancêtres, sentinelles vigilantes, témoins courageux et porteurs du message de l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ dans notre monde arabe, berceau du christianisme.
Nous nous confions à vos prières et demandons votre bénédiction de Père et de Pasteur, mais aussi d'ami et de frère aîné, avec vos orientations et vos conseils pour l'avenir de notre Eglise. C'est la consigne donnée par Notre Seigneur et Sauveur à Pierre: "Et toi, confirme tes frères".
+ Gregorios III, Patriarche
Texte intégral du discours du Saint-Père Benoît XVI
Chers Frères dans l’Episcopat,
Chers Fils et Filles de l’Eglise grecque-melkite catholique,
Je suis heureux de vous accueillir alors que vous accomplissez un pèlerinage au tombeau des Apôtres. Je salue particulièrement Sa Béatitude Gregorios III, que je remercie de ses aimables paroles qui manifestent la vitalité de l’Eglise melkite malgré les difficultés de la situation sociale et politique que connaît votre région. J’adresse aussi mon fraternel salut aux Evêques présents, et à vous tous chers amis, venant de divers pays du Moyen Orient et de la diaspora melkite à travers le monde, où vous manifestez ainsi, à votre manière, l’universalité de l’Eglise catholique.
Alors que s’approche l’ouverture de l’année que j’ai voulue consacrer à saint Paul, je ne peux oublier que le siège de votre Patriarcat est établi dans la ville de Damas, sur le chemin de laquelle l’Apôtre a vécu l’événement qui a transformé son existence et qui a ouvert les portes du christianisme à toutes les Nations. Je vous encourage donc pour que, à cette occasion, un travail pastoral intense suscite dans vos diocèses, en chacune de vos paroisses et chez tous les fidèles un élan nouveau pour une connaissance toujours plus intime de la personne du Christ, grâce à une lecture renouvelée de l’œuvre paulinienne. Cela permettra un témoignage fécond parmi les hommes d’aujourd’hui. C’est un tel élan qui pourra aussi garantir un avenir florissant pour l’Eglise melkite.
Dans cette perspective, pour assurer le dynamisme évangélique des communautés et leur unité ainsi qu’un bon fonctionnement des affaires ecclésiales dans les Eglises patriarcales, le rôle du Synode des Evêques a une importance fondamentale. Il convient donc, chaque fois que le droit le demande, surtout lorsqu’il s’agit de questions qui regardent les Evêques eux-mêmes, de donner à cette vénérable institution, et non seulement au Synode permanent, la place qui lui revient. Je connais l’activité œcuménique de l’Eglise melkite catholique et les relations fraternelles que vous avez établies avec vos Frères orthodoxes, je m’en réjouis. En effet, poursuit Benoît XVI, l’engagement pour la recherche de l’unité de tous les disciples du Christ est une obligation urgente, qui découle du désir ardent du Seigneur lui-même. Nous devons donc faire tout notre possible pour abattre les murs de division et de défiance qui nous empêchent de le réaliser. Cependant, nous ne pouvons pas perdre de vue que la recherche de l’unité est une tâche qui concerne non seulement une Eglise particulière, mais l’Eglise tout entière, dans le respect de sa nature elle-même. Par ailleurs, comme le souligne l’encyclique Ut Unum sint, l’unité n’est pas le fruit de l’activité humaine, elle est d’abord un don de l’Esprit Saint. Prions donc l’Esprit, dont nous célébrerons dans quelques jours la descente sur les Apôtres, afin qu’il nous aide à travailler tous ensemble à la recherche de l’unité.
Béatitude, chers Frères et Sœurs, j’apprécie aussi les bonnes relations que vous entretenez avec les musulmans, avec leurs responsables et avec leurs institutions, ainsi que les efforts réalisés pour résoudre les problèmes qui peuvent se poser, dans un esprit de dialogue fraternel, sincère et objectif. Je me réjouis donc de constater que, dans la ligne du Concile Vatican II, l’Eglise melkite s’est engagée avec les musulmans à rechercher sincèrement la compréhension mutuelle ainsi qu’à promouvoir et à défendre ensemble, pour le bénéfice de tous, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.
Enfin, accomplissant sa mission dans le contexte agité et parfois dramatique du Moyen Orient, l’Eglise se trouve confrontée à des situations où la politique joue un rôle qui n’est pas indifférent à sa vie. Il est donc important qu’elle maintienne des contacts avec les Autorités politiques, les institutions et les divers partis. Toutefois, il ne revient pas au clergé de s’engager dans la vie politique. Cela reste le fait des laïcs. Mais l’Eglise se doit de proposer à tous la lumière de l’Evangile, afin que tous s’engagent à servir le bien commun et que la justice prévale toujours, pour que le chemin de la paix puisse enfin s’ouvrir devant les peuples de cette région bien-aimée.
Béatitude, en concluant notre rencontre, je confie l’Eglise grecque-melkite catholique à l’intercession de la Vierge Marie et à la protection de tous les saints d’Orient. Demandant à Dieu de donner à votre Eglise patriarcale la force et la lumière afin qu’elle poursuive sa mission dans la paix et dans la sérénité, conclut Benoît XVI, je vous accorde, ainsi qu’aux Evêques et à tous les fidèles de votre Patriarcat, une affectueuse Bénédiction apostolique.
Sources : www.vatican.va - E.S.M.
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vatican