Patriarche Youssef
Sagesse de la position du Saint Père et du Vatican au sujet de la crise syrienne
Prot. N° 411 /2013
Damas, le 30 août 2013
Sagesse de la position du Saint Père et du Vatican
au sujet de la crise syrienne
Nous avons déjà publié l’appel de Sa Sainteté le Pape François, formulé à la prière de l’Angelus du dimanche 25 août. Nous avons ajouté notre commentaire, en exprimant notre reconnaissance et celle de la Syrie pour cet appel si profondément senti.
Nous avons lu avec intérêt l’intervention de S.E.R. Mgr Silvano Maria Tomasi, notre ami, observateur du Saint-Siège de Rome auprès de l’O.N.U. à Genève. Il a exprimé son opinion à Radio-Vatican au sujet de l’emploi des armes chimiques en Syrie.
S.E.R. Mgr Tomasi a mis en garde contre l’empressement à porter des jugements au sujet des armes chimiques et de la partie qui les utilise, sans se fonder sur des preuves péremptoires et claires, cela étant du ressort du mandat donné aux observateurs des Nations Unies qui sont à l’œuvre en Syrie, car ce sont eux qui peuvent donner un éclairage vrai sur ce sujet.
S.E.R. Mgr Tomasi a insisté sur l’importance du dialogue au lieu de la violence, qui ne peut qu’attiser le conflit, et a rappelé la position de Sa Sainteté le Pape François, qui a affirmé que la violence ne peut nous guider vers aucune solution.
C’est pour cela qu’il faut commencer le dialogue, qui pourra nous faire arriver à Genève-2, où des représentants de toutes les composantes de la société syrienne pourront être présentes et œuvrer pour la formation d’un gouvernement transitoire.
Cette position sage est celle qui peut épargner à la région plus de destruction, d’émigration, de calamités et de souffrances.
Nous remercions encore une fois le Saint Père et S.E.R. Mgr Tomasi pour ces prises de position constructives. Cela répond à ce que nous avons prôné et prônons toujours,demandant que le Saint-Siège élabore un plan propre au Pape et au Vatican vis-à-vis de la crise syrienne. Nous avons même proposé qu’il y ait au Vatican un groupe spécial qui aurait comme but de s’occuper continuellement de la crise syrienne. Cela aiderait à donner des orientations sages et à fortifier l’influence du Vatican dans la politique internationale et pour la crise syrienne, et aussi pour ce qui concerne la cause palestinienne, tellement liée à la crise syrienne.
Nous resterons en contact avec le Vatican et avec les Conférences Episcopales catholiques dans le monde, afin de soutenir les efforts déployés pour la réconciliation, le dialogue et la solidarité.
C’est là le meilleur service qui puisse être rendu à notre Patrie bien-aimée, la Syrie, et pour l’avenir de tous ses fils et toutes ses filles, de toutes leurs composantes de ce pays. Car nous avons été et nous resterons une seule famille syrienne, main dans la main, pour une Syrie renouvelée, la seule Patrie pour tous les Syriens.
+ Gregorios III
Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient,
d’Alexandrie et de Jérusalem